NOTRE COUP DE COEUR

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TEMPÊTE DE SABLE (VO)

Drame, 1h27.
De : Elite Zexer
Avec : Lamis Ammar, Ruba Blal, Hitham Omari

La réalisatrice est israélienne, les acteurs sont arabes et s'expriment en dialecte bédouin. Le mariage est traditionnel

Une passerelle idéale pour révéler l’état des lieux d’un pays, d’une société. A la veille des préparatifs, au cours de l’élaboration des plats, et pendant le rituel même, la caméra de Elite Zexer furète ainsi à travers les maisonnées de la fête où ce n’est pas forcément la fête.
L’épouse légitime doit accueillir la seconde femme de son mari. Entre rigueur et libertinage, tradition et modernité, cet homme n’arrive pas à poser les règles essentielles de l’éducation familiale.
Au-delà de la frustration de la première femme, c’est toute une revendication souterraine qui se met en place pour la gente féminine qui malgré quelques velléités n’arrive toujours pas à véritablement s'émanciper.


L’aînée de la famille, Layla n’ose ainsi pas révéler sa liaison avec un garçon étranger à la tribu. La jeune fille a déjà dépassé les règles de bonne conduite que tradition et coutumes lui imposent. Elle va maintenant en bousculer les codes. Dans un processus d’identification qui parait aux yeux du spectateur la préoccupation majeure d’un cinéaste, adepte du trompe l’œil. C’est pourquoi sa théorie du regard demeure d’une grande importance dans cette mise en scène qui sublime les femmes, de la grand-mère à la petite fille. Dans leurs yeux, le pouvoir d’exprimer une autre vérité que la petite sœur de Layla s’empresse d’appliquer sans la moindre réserve. On ne la remarque pas trop. L’aînée fixe toutes les attentions, mais dans l’ombre, derrière les fenêtres ou aux basques de son père, la gamine est de toutes les scènes.
Elle voit tout, entend tout, mais ne dit jamais rien, de crainte de se projeter trop précipitamment dans ce que lui réserve un avenir marqué par ce même environnement machiste, déshumanisé, qui conduit peu à peu la grande sœur à rendre les armes. Une abdication cruelle et douloureuse, soumission au pouvoir patriarcal qui entrevoit peu de portes de sortie pour la gente féminine.


Cette culture qui s’effrite ne répond plus aux attentes, mais sans issue semble également penser la réalisatrice qui illustre magnifiquement son point de vue lors du final inoubliable. C’est encore un regard, un plan dans le plan, celui de la petite sœur, dont le modèle vient de flancher. Mais cette fois la petite fille ne sourit plus.
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